vendredi 17 août 2007

Et c'est étonnant...

On s'aventure chaque jour, chaque soir, dans une ivresse où l'on oublie, par force, l'insignifiance des jours qui passent. Mais j'espère encore : j'ai vu quelques naissances d'enfants, j'ai entendu de belles œuvres, et le temps passe inexorablement. Il est peu de choses à faire, au fond, qui confortent l'âme humaine : être assuré d'une pérennité des choses.

Pourtant j'ai longtemps rêvé. Et je passe aujourd'hui chaque jour dans l'ombre. Je pars dans des lieux où se faufilent filles et garçons. Et c'est drôle, là où j'ai fait tomber les cœurs, l'insignifiance me saisit. Je n'existe plus. Je dois savoir qu'à cette heure, il me faut désarmer, et supposer qu'ailleurs des choses encore sont possibles. Peut-être...

mercredi 9 mai 2007

Orgies


Son ventre entr'ouvert
Dans la fumée les larmes
Allongée sur son her-
Be séchée par le charme
Elle s'envole en silence
Se dissipe et me laisse

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Marie — Chère
Amie
Vos hypnoses d'un soir dans les vapeurs, les bruits
De ces gens alentour, vos hypnoses Marie
Me font voir et revoir les chimères des jours
Où l'alcool enivrant qui se mêle à l'amour
Nous enlace en un temps et nous laisse à la nuit


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Bacchusardiesques
Et luxurieuses
Fêtes — Arabesques
Musiqueuses

Larmes d'amour
Ames défaites
Envers du jour
Fêtes ! Fêtes ! Fêtes !

Assassineuses
Et enivresques
Fêtes ravisseuses

Rêves livresques
Délivrés, deleatur !
Les lois sont fêtes

Bacchusardiesques
Et luxurieuses
Fêtes — Arabesques
Musiqueuses

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Nos âmes cannibales
Pour un soir se font la malle
En amour elles se donnent
Et nos yeux leur pardonnent

Nos âmes cannibales
Pour un soir se font la malle

Mais demain dès le retour
De ces âmes dévoreuses
S'essuieront nos amours
Salivaires et rêveuses

Nos âmes cannibales
Pour un soir se font la malle

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Je sais que rien ne s'effondre
A jamais. Les pleurs et les cris
Coulent avec regret — Aussi,
Ne laisse pas l'oubli répondre
Aux nombreux silences secrets

Les jours, les nuits — car tout se compte —
Délaissent nos vies, nos langueurs
Tristes et la tristesse des cœurs
Vers d'autres vies dont je n'escompte
Que l'insouciance et les ivresses

Mais ne vas pas t'imaginer,
Mon Cœur, que l'amour qui m'enlace
A d'autres cœurs, endort et glace
Ma tristesse immense à aimer,
Encore et toujours, tes froideurs.

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Crucifix


Sous l’âme en couleurs-vie
L’Erraseur de murs ne voit pas
Une âme-soeur en pleur
De longues Mythologies

Sous-caché, j'ai tout vu :
Évêque, Imam immaculés,
Soutananés —
Ceux qui ont toujours su

Saoulences
Que ces mystér-
Ieux silences
Amers

J'ai plu sous tes silences
A nombre d'âmes-frères
Laissant mon âme claire,
Joueuse, en perte d'avance

Ô Mère, sous mon armure
Cette âme qui m'aime
Et que je n'aime pas, sème
Quelque étrange parure

Sur mes regards qui ne voient rien.
Allons Bienheureux !
En marche sous vos cieux !
Ici, vers l’univers ancien.

Nombres ouverts en cœurs de nuit
Pensées sur Toi, je vois
Tes pleurs, Mythologie, mon cœur
Étreint les vents d'un sourire froid

Homme saoul, ouvreur de nuit
Panse en surcroît la voix
Des chœurs mythologiques — pour l'heure,
J'éteints le temps d'un soupir las

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Vies nouvelles
Un pied devant, l'autre passé
Délaissent au loin deux pas lassés

Au coin
Des rues changent les mondes :
Architectures neuves
Blanches aux mémoires des morts

Je me retourne et vois l'oubli

Vent
Zone
Vent

Je souffle et sens les vies nouvelles

Dans un ciel blanc
Une tour tranche en perspective
Un œil diffus — divin

D'ailleurs arrivent enfin fidèles
Des cours, des lits,
Les vies nouvelles

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Meilleurs vœux, meilleurs vents
Pour souffler dans les cœurs
Meilleurs cœurs pour les corps
S'ils sont morts ? Meilleures fleurs...

Mais le vert paradis des amours enfantines...

Bon sang j'ai beau l'écouter sans cesse, cette mélodie me transporte vraiment loin. Loin dans la lumière des Pays Baltes.

Et les choses les plus belles au fond
Restent toujours en suspension
Et dans ce tourbillon fragile
Je redeviens le tourne-cœur
Prometteur d'avenir
Beau qui fait rêver les filles

C'est le Tourne-cœur de Christophe, qui me rappelle Tallinn, en Estonie, où j'ai passé une semaine l'année passée. J'avais l'album du crooner français sur les oreilles, que d'aucuns diront qu'il est ringuard. Une hérésie. Ses albums "Bevilacqua" et "Comm'si la Terre penchait" sont d'une qualité remarquable. Un son fabuleux, des mélodies magnifiques. Et comme dit une amie, on se demande comment un mec peut chanter avec une telle intensité... et sans jamais hurler quoi que ce soit.

Ces petits luxes providentiels
N'ont plus l'goût de nos amours bien chambrées
Du grand hôtel vide à la rue il n'y a qu'un pas
La foule qui me mène à toi, a tout l'air l'air d'un faux pas...

Le superflu c'est l'amour me comprends-tu ?
Ton indifférence est le cœur de ma folie
Et ton allure singulière à la distance et la beauté
Des photos glacées que j'aime

Et des textes d'une finesse émotionnelle vraiment rare. Avec lui, on pourrait aller n'importe où. Changer de planète, se perdre sur un continent lointain. Toujours il nous ramène aux beautés essentielles.

Souvent il m'arrive de penser ce moment où l'artiste ne sera plus. Et ses mélodies pourtant, alors qu'il s'en sera allé, empliront encore l'espace. Toujours, indéfiniment. Même si le temps sans doute, enfouira son œuvre, un peu plus chaque année, dans un oubli sans cœur.

D'ailleurs peu de monde connaît vraiment son œuvre. Certes il a son public. Mais ce gars qui dans la discrétion compose autant de jolies choses, ne fait pas la une auprès d'un grand public nourri aux fulgurances diverses. Et j'ai d'ailleurs été du nombre. Je me souviens d'un article élogieux dans les pages du journal Le Monde. Et je découvre plusieurs années plus tard l'objet dont le journaliste fut semble-t-il épris. À mon tour enfin me voilà donc épris.

Et je l'écoute. Et je l'écoute encore. Et vous le conseille également. Sans retenue aucune.