mercredi 9 mai 2007

Mais le vert paradis des amours enfantines...

Bon sang j'ai beau l'écouter sans cesse, cette mélodie me transporte vraiment loin. Loin dans la lumière des Pays Baltes.

Et les choses les plus belles au fond
Restent toujours en suspension
Et dans ce tourbillon fragile
Je redeviens le tourne-cœur
Prometteur d'avenir
Beau qui fait rêver les filles

C'est le Tourne-cœur de Christophe, qui me rappelle Tallinn, en Estonie, où j'ai passé une semaine l'année passée. J'avais l'album du crooner français sur les oreilles, que d'aucuns diront qu'il est ringuard. Une hérésie. Ses albums "Bevilacqua" et "Comm'si la Terre penchait" sont d'une qualité remarquable. Un son fabuleux, des mélodies magnifiques. Et comme dit une amie, on se demande comment un mec peut chanter avec une telle intensité... et sans jamais hurler quoi que ce soit.

Ces petits luxes providentiels
N'ont plus l'goût de nos amours bien chambrées
Du grand hôtel vide à la rue il n'y a qu'un pas
La foule qui me mène à toi, a tout l'air l'air d'un faux pas...

Le superflu c'est l'amour me comprends-tu ?
Ton indifférence est le cœur de ma folie
Et ton allure singulière à la distance et la beauté
Des photos glacées que j'aime

Et des textes d'une finesse émotionnelle vraiment rare. Avec lui, on pourrait aller n'importe où. Changer de planète, se perdre sur un continent lointain. Toujours il nous ramène aux beautés essentielles.

Souvent il m'arrive de penser ce moment où l'artiste ne sera plus. Et ses mélodies pourtant, alors qu'il s'en sera allé, empliront encore l'espace. Toujours, indéfiniment. Même si le temps sans doute, enfouira son œuvre, un peu plus chaque année, dans un oubli sans cœur.

D'ailleurs peu de monde connaît vraiment son œuvre. Certes il a son public. Mais ce gars qui dans la discrétion compose autant de jolies choses, ne fait pas la une auprès d'un grand public nourri aux fulgurances diverses. Et j'ai d'ailleurs été du nombre. Je me souviens d'un article élogieux dans les pages du journal Le Monde. Et je découvre plusieurs années plus tard l'objet dont le journaliste fut semble-t-il épris. À mon tour enfin me voilà donc épris.

Et je l'écoute. Et je l'écoute encore. Et vous le conseille également. Sans retenue aucune.

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